Alexandre est un oisif. Il passe son temps dans les cafés germano-pratins à lire, à discuter, à regarder les filles. Le soir, il retrouve Marie chez elle. Il a d'autres aventures. Veronika notamment, qui peu à peu envahit sa vie. Si l'intrigue de ce film de trois heures trente peut tenir en quelques lignes, les dialogues en revanche ne se résument pas. Il faut les écouter ou les lire. Car l'intérêt de l'édition de ce scénario … qui est la version rédigée par Jean Eustache avant tournage … réside dans la qualité littéraire avec laquelle l'auteur parvient à rendre le langage parlé. De longs monologues expriment tour à tour la quotidienneté, la désinvolture, la souffrance. Cette réussite tient peut-être à la rage qui animait alors Eustache, comme il l'écrit lui-même en 1972 dans la préface reproduite ici. Ce texte témoigne également d'"époques" : celle, historique, des années soixante-dix à Saint-Germain-des-Près, et celle, cinématographique, de la Nouvelle Vague. D'ailleurs, les soliloques du personnage d'Alexandre retentissent des intonations de Jean-Pierre Léaud. "C'est le seul de mes films que je haïsse, car il me renvoie trop à moi-même, à un moi-même trop actuel." --Sophie Paviot
Alexandre est un oisif. Il passe son temps dans les cafés germano-pratins à lire, à discuter, à regarder les filles. Le soir, il retrouve Marie chez elle. Il a d'autres aventures. Veronika notamment, qui peu à peu envahit sa vie. Si l'intrigue de ce film de trois heures trente peut tenir en quelques lignes, les dialogues en revanche ne se résument pas. Il faut les écouter ou les lire. Car l'intérêt de l'édition de ce scénario … qui est la version rédigée par Jean Eustache avant tournage … réside dans la qualité littéraire avec laquelle l'auteur parvient à rendre le langage parlé. De longs monologues expriment tour à tour la quotidienneté, la désinvolture, la souffrance. Cette réussite tient peut-être à la rage qui animait alors Eustache, comme il l'écrit lui-même en 1972 dans la préface reproduite ici. Ce texte témoigne également d'"époques" : celle, historique, des années soixante-dix à Saint-Germain-des-Près, et celle, cinématographique, de la Nouvelle Vague. D'ailleurs, les soliloques du personnage d'Alexandre retentissent des intonations de Jean-Pierre Léaud. "C'est le seul de mes films que je haïsse, car il me renvoie trop à moi-même, à un moi-même trop actuel." --Sophie Paviot